Vaccins après l'installation en France : carnet de santé, vaccins obligatoires, rattrapage
L'ordre des démarches est court : ouvrir vos droits à l'Assurance Maladie, déclarer un médecin traitant (un pédiatre, un médecin généraliste ou la PMI pour les plus jeunes), puis prendre rendez-vous — et à ce rendez-vous, apportez tous les documents de vaccination que vous possédez. Le médecin reporte les vaccins déjà faits, les compare au calendrier des vaccinations et ne planifie que ce qui manque. Ce calendrier, rappelle Service-Public, « concerne les personnes qui vivent en France quelle que soit leur nationalité ».
Étape 1. Vos droits à l'Assurance Maladie
L'accès aux soins passe par la protection universelle maladie (Puma) : toute personne qui travaille ou réside en France de manière stable et régulière a droit à la prise en charge de ses frais de santé. Le délai, lui, dépend de votre situation :
- Avec une activité professionnelle — si votre demande est acceptée, vous êtes affilié immédiatement.
- Sans activité professionnelle — il faut attendre 3 mois de résidence en France avant l'ouverture des droits. Ce délai est supprimé pour certaines personnes, par exemple les réfugiés.
Viennent ensuite la carte Vitale et la déclaration du médecin traitant. Rien de tout cela n'empêche de faire vacciner un enfant plus tôt : les centres de protection maternelle et infantile (PMI) et les centres de vaccination existent précisément pour les familles qui n'ont pas encore de médecin.
Étape 2. Quels documents apporter
Le nom du document change selon le pays d'origine ; son rôle est partout le même : prouver quoi et quand.
| Pays d'origine | Document | Où le récupérer |
|---|---|---|
| Ukraine | Formulaire 063/о — carte des vaccinations | Le dispensaire qui suivait l'enfant ; copie ou extrait remis aux parents |
| Pologne | Karta uodpornienia, książeczka zdrowia dziecka, impression depuis l'Internetowe Konto Pacjenta | Le cabinet POZ ou votre propre compte patient |
| Allemagne, Autriche, Suisse | Impfpass (le carnet jaune) | Le cabinet qui suivait l'enfant |
| Tout pays | Comptes rendus, attestations pour la crèche ou l'école, photos des pages du carnet | L'établissement de soins ou vos propres archives |
À défaut d'original, tout justificatif où le vaccin et la date sont lisibles est utile. Plus il y a de preuves, moins il y a à refaire.
Étape 3. Ce qui se passe chez le médecin
- Le professionnel de santé lit vos documents et reporte les vaccins déjà faits.
- Il compare la situation au calendrier vaccinal, actualisé chaque année par le ministère chargé de la santé.
- Il établit le rattrapage : seulement les doses manquantes, dans l'ordre et avec les intervalles nécessaires.
- La dose due le jour même est souvent faite au cours de la consultation.
La trace écrite est encadrée : le professionnel de santé inscrit dans le carnet de santé ou dans le carnet de vaccination numérique de Mon espace santé son nom, la dénomination du vaccin, la date d'administration et le numéro de lot — et, à défaut, il délivre une attestation de vaccination comportant ces informations.
Le rattrapage ne repart pas de zéro
C'est la crainte avec laquelle la plupart des familles arrivent en consultation, et elle est infondée. L'Assurance Maladie l'écrit sans détour : très souvent le calendrier vaccinal n'est pas respecté, dans ce cas « en général, il n'est pas nécessaire de tout reprendre à zéro ». Le calendrier précise comment rattraper, et c'est le médecin qui décide de la marche à suivre — à condition, là encore, que les doses déjà faites soient documentées.
Vaccins obligatoires : ce que vérifient la crèche et l'école
La France a des vaccinations obligatoires, et leur liste dépend de la date de naissance de l'enfant.
| Enfant né | Vaccinations obligatoires |
|---|---|
| avant 2018 | Primo-vaccination diphtérie, tétanos, poliomyélite (DTP) |
| entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2022 | DTP, coqueluche, Haemophilus influenzae de type B, hépatite B, pneumocoque, méningocoque C, rougeole-oreillons-rubéole (ROR) |
| à partir de 2023 | La même liste, mais la vaccination contre les méningocoques A, B, C, W et Y remplace celle contre le seul méningocoque C |
Pour les résidents de Guyane s'y ajoute la fièvre jaune à partir de 1 an. L'Assurance Maladie situe le changement : jusqu'à fin 2024, onze vaccins étaient obligatoires chez les nourrissons ; à compter de janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques ACWY remplace celle contre le méningocoque C et celle contre le méningocoque B devient obligatoire.
L'obligation se présente à la porte de l'établissement, pas sous forme d'amende : l'enfant doit être vacciné, sauf contre-indication médicale reconnue, pour être admis en crèche, à l'école, en garderie, en colonie de vacances ou dans toute autre collectivité d'enfants. Le justificatif est le carnet de santé.
Carnet de santé, carnet de vaccination, Mon espace santé
Trois supports, trois rôles :
- Le carnet de santé de l'enfant réunit tous les événements de santé depuis la naissance, vaccinations comprises, jusqu'à ses 18 ans. Il est protégé par le secret médical et doit être présenté à chaque consultation. Il est délivré par la maternité et peut être demandé au service départemental de PMI lorsqu'il a, par exemple, été perdu — c'est donc l'adresse à retenir quand l'enfant est arrivé sans carnet français.
- Le carnet de vaccination est le document dédié aux vaccins pour les adultes comme pour les enfants.
- Mon espace santé contient un carnet de vaccination numérique, que le professionnel de santé peut alimenter et que vous pouvez partager avec les soignants de votre choix.
Aucun des trois ne se remplit tout seul : rien ne migre automatiquement depuis le pays d'origine.
Qui peut vacciner
Vous n'êtes pas obligé d'attendre un rendez-vous chez un médecin pour tout. Peuvent prescrire et administrer les vaccins obligatoires et recommandés du calendrier vaccinal : les médecins, les sages-femmes, les infirmiers, et les pharmaciens en officine à partir de 11 ans — hors vaccins vivants atténués chez les personnes immunodéprimées. Les centres de vaccination et les centres de PMI vaccinent également.
Si vous n'avez aucun document
Le statut vaccinal est alors considéré comme inconnu et les vaccins manquants sont rattrapés : ce n'est pas une sanction, c'est la seule option sûre en l'absence d'information. Avant d'en arriver là, demandez une copie à l'ancien cabinet, cherchez les vieilles attestations pour la crèche ou l'école, faites regarder par la famille restée sur place. Chaque dose prouvée raccourcit la liste.
Pour ne pas perdre l'historique une seconde fois
Le point faible, c'est le papier. Le carnet reste chez des proches, disparaît dans le déménagement, devient illisible. D'où l'intérêt de garder l'historique aussi dans le téléphone : date, vaccin, photos des pages.
C'est exactement ce que fait Evaxify : vous saisissez les vaccins déjà réalisés, vous choisissez le pays de résidence, et l'application compare l'historique au calendrier de ce pays — elle montre ce qui manque et quand la prochaine dose est due. Une date incertaine peut être enregistrée comme approximative et précisée plus tard. Pour un déménagement, l'application propose en plus une liste dédiée : documents, crèche et école, animaux. Le choix des vaccins reste celui du médecin ; l'application veille seulement à ce que ni les données ni les échéances ne se perdent.
Questions fréquentes
Le médecin lit les documents que vous apportez et reporte les vaccins déjà faits dans le carnet de santé ou dans le carnet de vaccination numérique de Mon espace santé. Ce qui compte, c'est que le nom du vaccin et la date soient lisibles : un vaccin sans trace écrite ne peut pas être pris en compte.
Non. L'Assurance Maladie indique qu'en cas d'oubli d'une ou plusieurs injections, le calendrier vaccinal précise comment effectuer le rattrapage et qu'en général, il n'est pas nécessaire de tout reprendre à zéro. C'est le médecin qui établit le plan de rattrapage.
Cela dépend de la date de naissance de l'enfant. Pour les enfants nés avant 2018 : la primo-vaccination diphtérie, tétanos et poliomyélite. Pour les enfants nés entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2022 : onze maladies, dont la coqueluche, l'Haemophilus influenzae de type B, l'hépatite B, le pneumocoque, le méningocoque C et le ROR. Pour les enfants nés à partir de 2023, la vaccination contre les méningocoques A, B, C, W et Y remplace celle contre le seul méningocoque C.
Une admission provisoire est possible : vous avez alors 3 mois pour faire vacciner l'enfant. Si ce n'est pas fait, le responsable de la crèche, de l'école ou de la garderie peut exclure l'enfant. Le justificatif à présenter est le carnet de santé, et l'obligation ne s'applique pas en cas de contre-indication médicale reconnue.
Avec la protection universelle maladie, si vous exercez une activité professionnelle et que votre demande est acceptée, vous êtes affilié immédiatement. Sans activité professionnelle, il faut attendre 3 mois de résidence en France avant l'ouverture des droits — délai qui ne s'applique pas à certaines personnes, par exemple les réfugiés.
Un médecin, une sage-femme, un infirmier, et un pharmacien en officine à partir de 11 ans pour les vaccins obligatoires et recommandés du calendrier vaccinal, hors vaccins vivants atténués chez les personnes immunodéprimées. Les centres de vaccination et les centres de protection maternelle et infantile vaccinent également.
À lire aussi
Sources
- Calendrier des vaccinations — Service-Public.fr
- Faut-il faire vacciner son enfant pour l'inscrire à l'école, en crèche ou garderie ? — Service-Public.fr
- Carnet de santé de l'enfant — Service-Public.fr
- Qu'est-ce que la protection universelle maladie (Puma) ? — Service-Public.fr
- Vaccins obligatoires chez le nourrisson, puis recommandés — ameli.fr
- Vaccination : calendrier et réalisation — ameli.fr
- Calendrier vaccinal — ministère chargé de la santé